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DESTINS DE STARS : Michael Jackson derrière le masque - Célébrités - Lieux célèbres - Personnages historiques. Actualité.

BERNIE MADOFF, «L'ESCROC DU SIÈCLE» Partie 3

BERNIE MADOFF, «L'ESCROC DU SIÈCLE» Partie 3

Une question se pose : Pourquoi ne s'est-on rendu compte de rien ? Pourquoi ces grands prédateurs de la finance que sont tous ces rabatteurs et intermédiaires ont-ils continué à placer leurs fonds chez Madoff ? Et surtout, pourquoi ont-ils continué de le faire alors que de nombreux signaux avertissaient que quelque chose ne tournait pas rond ? Qu'un petit investisseur ignorant se laisse à ce point berner, passe encore : il n'est pas assez éclairé pour juger. Ce n'était pas le cas de professionnels de haute volée. Alors ? Eh bien, je dirai pour rester gentille que ce sont des aventuriers - ou des «ripoux», si je veux être plus juste.

Enfin, il ne faut pas oublier que l'arnaque tarde à s'avouer telle. Elle prend son temps...D'abord, il y a le «secret Madoff», cette atmosphère si particulière qui empêche d'y voir clair ; comme si tout était dissimulé par un écran de fumée.

Ensuite, il ne faut pas oublier non plus, le prestige qui entoure l'escroc : quarante ans de métier sans nuage, un succès colossal, une réputation sans faille, un personnage plus que rassurant, bon mari et bon père de surcroît, ce qui n'est pas rien pour des Américains. Pourquoi l'aurait-on soupçonné ? Et soupçonné de quoi ? Quand on veut réussir en affaires, dans ce monde de requins, encore faut-il pouvoir accorder un zeste de confiance à quelqu'un. 

Eh bien, ce quelqu'un ne peut-être que Madoff....Madoff dont on préfère ne pas douter - sinon, à quoi bon faire des affaires ? Tous ceux qui ont affirmé s'être méfiés - mais ils l'affirmeront seulement a posteriori, quand l'affaire aura éclaté - mentent. 

Le seul à avoir pressenti que quelque chose ne tournait pas rond dans l'«empire Madoff» se nomme Harry Markopolos : celui-là même qui a rédigé un rapport pour la commission de contrôle américaine, en novembre 2005, c'est-à-dire trois ans avant la débâcle. En fait, cela fait plus de neuf ans que Harry «piste» Bernie comme un chasseur son gibier. Convaincu de sa monumentale escroquerie, il essaie plusieurs fois de le coincer, sans y parvenir. 

Harry Markopolos

Qui est-il, Markopolos ? Il travaille pour une société qui gère des portefeuilles financiers. Un jour son boss lui demande de percer à jour les performances d'un gérant auquel on tresse des couronnes : un certain Bernard Madoff. Harry se met au travail et, très vite, se rend à l'évidence : l'affaire sent la fraude à plein nez, car ces résultats-là sont trop beaux, trop performants pour qu'il n'y ait pas anguille sous roche. Soit les performances de Madoff sont fausses, soit elles sont illégales. Dans les deux cas, il y a mensonge. D'où le fameux rapport de Markopolos. 

Eh bien, comprenne qui pourra : en dépit des évidences dévoilées par Markopolos, Madoff ne sera pas arrêté. Certes, le rapport de Markopolos est truffé d'hypothèses non prouvées. Néanmoins, Markopolos est devenu à partir des années 2000 l'ennemi public numéro un pour Madoff, et il insiste à de nombreuses reprises - soit devant la Commission de contrôle des marchés (SEC), soit devant le Congrès des États-Unis - sur le danger que Markopolos court à tenter ainsi d'épingler le plus grand courtier de la planète. Peut-être Madoff a-t-il partie liée avec la mafia ou les cartels de la drogue de Colombie ou d'ailleurs....Et Markopolos ne souhaite pas finir coulé dans le béton. 

Quoi qu'il en soit, les allégations d'après lesquelles Madoff recyclerait de l'argent sale ne reposent sur aucune preuve, et les chiffres que Markopolos avance, souvent jugés fantaisistes, ne séduisent ni la Commission ni le Congrès américain : ni l'un ni l'autre ne souhaite prendre au sérieux les «intuitions» de l'«inspecteur Harry». Dans ces conditions, on se demande pourquoi, devant la mollesse des autorités, notre chevalier blanc n'a pas alerté directement les victimes de Madoff, c'est-à-dire la foule des investisseurs, grands et petits : pourquoi n'a-t-il pas jeté le pavé dans l'agora, c'est-à-dire dans la presse et les médias ? L'affaire ferait l'effet d'un bâton de dynamite dans la presse américaine, prompte, on le sait, à dénoncer les scandales...Pourquoi n'a-t-il pas davantage alerté les banques et les fonds mondiaux du danger qu'il y avait à investir chez Madoff ? Car, ces gens là, il les connait tous. Il possède toutes leurs attaches. Il pourrait les alerter. Il ne le fait pas. Alors pourquoi ? 

Notre homme est témoin d'un drame qui est en train de ruiner des centaines de milliers de gens, et il se contente d'alerter les autorités en lieu et place d'avertir les victimes ! On comprend que Bernie Madoff ait pu continuer tranquillement à ruiner ses clients tandis que les braves fonctionnaires de Washington prenaient leur temps et réclamaient un long rapport à Markopolos. Pendant que le Sénat examinait sous toutes les coutures le modèle de Ponzi, (inefficaces, ces contrôles redorèrent le blason de Madoff. Censés percer à jour la fraude, ils l’aggravèrent)  et Madoff continuait d'engranger les bénéfices.

Car même en mettant bout à bout toutes les «preuves» avancées par Markopolos, on peut douter encore qu'il s'agisse d'une fraude. Harry Markopolos aurait dû aller vérifier ses approximations auprès de grands experts des banques mondiales avant d'aller secouer le cocotier des hauts fonctionnaires : comment une fraude de plus de 60 milliards de dollars - soit la perte la plus colossale causée par un homme seul, à la rigueur soutenu par quelques complices - aurait-elle pu échapper à l'organisme régulateur des marchés américains, la fameuse SEC ? Cela relève du mystère, puisque Madoff Securities est, en principe, contrôlé et régulé par la SEC. Si la SEC avait fait convenablement son travail, rien sans doute ne se serait passé ainsi...

Cela prouve à tout le moins qu'il n'est guère aisé de contrôler les flux et les mécanismes d'une finance devenue planétaire. Comment une simple agence gouvernementale parviendrait-elle à réguler des dizaines de milliers de fonds d'investissement et de banques alors qu'elle est en 2008 accablée par 700 000 plaintes traitées par....à peine 3 500 employés, ce qui signifie environ une plainte par jour à traiter pour chaque agent ? 

BERNIE MADOFF, «L'ESCROC DU SIÈCLE» Partie 3

L'affaire Madoff, la plus grosse escroquerie de l'histoire de la finance, devrait permettre de remettre les pendules à l'heure. D'abord, il ne sert à rien de stigmatiser, comme les politiciens, les deux mamelles de la finance : la cupidité et la peur. Le monde fonctionne ainsi depuis la nuit des temps, et il continuera de fonctionner ainsi à moins que nous devenions des dieux. Certes, la suprême habitude d'un Madoff aura consisté à majorer l'appât du gain et à minorer les pertes : Bernie a accrédité l'idée qu'on peut accroître les rendements tout en diminuant les risques. La quadrature du cercle...Bernie, l'homme sage aux cheveux d'argent, bonhomme et rassurant, sera devenu en quelque sorte le papa gâteau du rapport et de la sécurité tous azimuts. Une prouesse qu'il ne doit qu'à son génie propre ; génie certes malfaisant, mais génie quand même.

C'est ce génie qui a permis à sa chaîne de Ponzi de tenir aussi longtemps : ce genre de système est destiné à s'effondrer très vite, dès qu'on ne peut plus rembourser les réclamants. Avec Bernie Madoff, au contraire, ce fut un système à long terme fondé sur la confiance inaltérable. Le seul hic, c'est que le marché, étroitement arrimé à l'économie mondiale, est extrêmement volatile - plus encore aujourd'hui qu'hier. S'il y a une leçon à tirer de l'affaire Madoff, c'est bien celle là. 

Bernard Madoff, une fois arrêté, n'a fait aucune difficulté pour avouer ses crimes. Pouvait-il les nier ? Dans les aveux passés au moment de son arrestation, le 11 décembre 2008, il n'y va pas par quatre chemins et il exprime sa honte et ses regrets. Sa fameuse chaîne de Ponzi, il l'avait certes bel et bien mise en place, mais il ne pensait pas la faire durer si longtemps ! Il comptait bien au départ rembourser ses clients et arrêter la fuite en avant. Puis, pieds et poings liés, il s'est laissé enfermer dans une course à l'abîme. Bernie avoue tout. Ses fausses promesses par exemple ; car, le plus souvent, il n'investissait pas les fonds «razziés» dans des titres ! Alors, quand ses clients réclamaient leur argent, il le prélevait sur leurs propres fonds ou sur d'autres, puisque l'argent dans son système entrait sans cesse. 

Tout avait commencé dans les années 1990. Les bénéfices que les clients croyaient avoir engrangés étaient fictifs. Tout le reste reposait sur des relevés d'opérations et de comptes truqués, et les clients n'y voyaient que du feu. Ils n'avaient aucune possibilité de vérifier que toutes ces opérations étaient des faux - de même que tous les rapports d'audit et déclarations financières. 

Condamné à 150 ans de prison,   Bernard Madoff a raconté dans une lettre à sa belle-fille, rendue publique en novembre 2011, à quel point il était heureux de sa vie en prison, où il était traité avec beaucoup d'égards, «comme un chef de la mafia».  

Stéphanie Mack a raconté à la chaîne de télévision ABC qu'après son incarcération, elle avait écrit à son beau-père, lui donnant des nouvelles de ses deux enfants en espérant lui faire regretter «tout ce dont il allait être privé». 

Mais dans un courrier daté du 4 août 2009, quelques semaines après sa condamnation, Bernard Madoff lui a répondu qu'il s'était fait «beaucoup d'amis» en prison, et qu'il y était particulièrement bien traité. 

«Je vais bien», lui écrit-il depuis la prison Butner, en Caroline du nord, qu'il compare «à un campus universitaire, avec de beaux gazons et des arbres». «Comme tu peux l'imaginer, je suis une célébrité ici, je suis traité comme un chef de la mafia. Ils m'appellent soit Oncle Bernie, soit M. Madoff. Je ne peux marcher nulle part sans que quelqu'un me crie des mots d'encouragement et de soutien, pour me donner le moral. C'est vraiment agréable de voir à quel point tout le monde est attentif à mon bien-être, y compris le personnel. (...) C'est beaucoup plus sûr ici que dans les rues de New York», ajoute Bernard Madoff. 

Mark Madoff et Stéphanie Mack

Stéphanie Mack, dont le mari Mark, «fils aîné de Bernard Madoff», s'est pendu le 11 décembre 2010 à New York, anéanti par le scandale, a raconté que la réponse de son beau-père l'avait rendue «malade». Elle a écrit  un livre, : «la fin d'une vie normale, l'angoisse d'une femme, la nouvelle vie d'une veuve».  

Même derrière les barreaux, Bernard Madoff,  ne cesse pas de marchander.  Incarcéré en Caroline du Nord, il a mis en place un système où il achète tous les produits de la marque Swiss Miss à l'intendant de l'établissement pénitentiaire pour ensuite les revendre plus cher dans la cour.

Si l'on s'attarde sur les déclarations des détenus relayés par Steve Fishman, un journaliste américain. « C'est une véritable star. Il a volé plus que quiconque, ce qui en fait un héros au sein de la prison. Beaucoup le sollicitent pour des conseils en matière de finance, à l'image d'un détenu qui débattait d'un achat d'actions avec son courtier. Un peu plus tard, ce même détenu a reconnu qu'il aurait dû suivre le conseil de «Madoff », affirme-t-il. Bernard Madoff n’est assurément pas un prisonnier comme les autres. A son arrivée, il a reçu un accueil digne d’une rock-star et depuis refuse de signer des autographes, arborant juste un sourire quand un détenu lui fait remarquer qu’il l’a vu à la télévision. L’homme aimerait raconter ses exploits. «Il m’a raconté qu’il pouvait faire tourner une mappemonde, mettre son doigt n’importe où, et que, soit il avait déjà été là-bas, soit il détenait une maison», a expliqué un ancien prisonnier au journaliste.

Toujours doté d’un ego surdimensionné, Bernard Madoff aurait même proposé de se charger du budget des prisonniers. Cela lui a été refusé.

Selon le journal «Les Échos»,   il suscite  l'admiration de certains de ces truands comme «Carmine Persico» pour n'avoir jamais balancé au procès ses collaborateurs du montage Ponzi frauduleux qui l'a amené à sa perte.

«On a l’impression qu’il n’a pas de soucis», a confié un  journaliste du «New York Magazine», surpris par sa faculté d’adaptation.

Psychopathe est un mot trop gentil pour le qualifier, avait déclaré Elie Wiesel. «il devrait être placé à l'isolement pendant au moins cinq ans avec un écran sur lequel seraient diffusées des photos de ses victimes. Il faudrait inventer n'importe quoi pour le faire souffrir. Il devrait être présenté à des juges qui trouveraient un châtiment», a ajouté ce survivant de l'Holocauste.

Loin de l’enfer voulu par  Elie Wiesel, Madoff semble heureux en prison.

Rusé comme un renard, inversant volontiers les rôles, Madoff parle aussi beaucoup du cauchemar qu’il a enduré, comme s’il était lui-même la victime.... 

Fin.

BERNIE MADOFF, «L'ESCROC DU SIÈCLE»  : Partie 1 -   Partie 2.

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