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DESTINS DE STARS : Michael Jackson derrière le masque - Célébrités - Lieux célèbres - Personnages historiques. Actualité.

Scott Storch : Le producteur de Beyoncé victime de son super ego.

Scott Storch : Le producteur de Beyoncé victime de son super ego.

Au volant de sa Lamborghini, un de ses nombreux bolides - il en possède une vingtaine -, Scott Storch observe ses doigts, à travers ses verres fumés. Un énorme diamant jaune de 34 carats étincelle d'un côté (valeur : 3 millions de dollars), tandis qu'un énorme diamant blanc de 13 carats scintille de l'autre. Une montre incrustée de diamants orne son poignet gauche et trois longues chaînes couvertes de brillants enserrent son large cou. Comme d'habitude, ses cheveux sont coiffés court, et ses lèvres fines et gonflées ne sourient presque jamais, du moins sur ses photos. 

Son visage ne vous dit peut-être rien, et pourtant, il est peu probable que vous n'ayez pas dansé au moins une fois sur un de ses supers tubes. Still D.R.E de Dr.Dre, Candy Shop de 50 Cent, Cry me A River de Justin Timberlake, Naughty Girl de Beyoncé, Me Against The Music de Britney Spears, let Me Blow Ya Mind d'Eve et Gwen Stefani....Ce petit homme à l'air de mafieux russe les a tous composés. 

Il a cinq assistantes, une armée de gardes du corps, un chauffeur et un entourage digne d'une rock star. Ses copines sont toutes canon. D'ailleurs, il aime bien les couvrir de bijoux et leur offrir des voitures de luxe. Il est sorti avec Paris Hilton, Lindsay Lohan et Kim Kardashian, on lui prête même des liaisons avec Britney Spears et Christina Aguilera

En 2005, il a 32 ans. Il réside alors à Miami dans une villa d'or et de marbre que Scarface lui aurait enviée (d'ailleurs pas très loin de l'ancienne demeure d'Al Capone), devant laquelle flotte un yacht de 20 millions de dollars qui, oui, lui appartient aussi. Quand Scott Storch regarde ses doigts scintillants, ce jour-là, il n'a aucune raison de croire que bientôt, il n'aura plus rien.

Aux États-Unis un producteur touche entre 4 et 5 % des profits de chaque chanson qu'il compose. La vente d'un album peut donc lui rapporter beaucoup, parfois même plus qu'à la star qui l'interprète. Et des tubes, Scott Storch en produit à la pelle. Au pic de sa carrière - en 2006 - sa fortune est estimée à 70 millions de dollars. Pourtant, ce n'est jamais lui que des milliers de fans acclament dans les stades. 

Dans un portrait, Touré, journaliste au magazine Rolling Stone, explique ainsi l'estime que Scott se porte

Un artiste doit son succès à son talent et à son travail, ainsi qu'à des éléments difficiles à quantifier, comme l'image, le timing, le facteur cool. Mais un producteur à succès sait qu'il réussit grâce à son intelligence, son goût et son éthique de travail, et ça, ce n'est pas inquantifiable. Storch est gonflé de l'arrogance et de l'autosatisfaction particulières aux super-producteurs de hip-hop millionnaires, comme Pharrell Williams et Kanye West.

Rolling Stone, le 13 juillet 2006.

La première fois que le blondinet pose ses mains sur un piano, il a 8 ans. C'est sa mère, une chanteuse fille d'immigrés juifs lituaniens convertie au catholicisme, qui l'a inscrit au cours d'un vieux professeur de jazz, terrifiée à l'idée qu'il se fasse mal en poursuivant le foot. [New Times, le 22.04.2010].

Yolanda Scott a pris la bonne décision : à 12 ans, le petit Scott gagne pas mal d'argent de poche grâce à ses concerts. Issu de la classe moyenne américaine, élevé entre la Floride et Philadelphie par des parents divorcés, il arrête l'école en troisième pour se lancer dans la musique.

Ne supportant pas le nouveau petit ami de sa mère, il vit chez son père (journaliste) à Philly. Quand celui-ci criblé de dettes, part s'installer à New-York, Scott est livré à lui-même. Sans un dollar en poche, il enchaîne alors les petits boulots pour survivre, et il a parfois du mal à s'acheter de quoi manger. Il squatte le studio d'un copain musicien. Le groupe de soul The Roots y enregistre son premier album, en 1992, il les rejoint. Il co-écrira la poignante ballade hip-hop You Got Me, en duo avec Erykah Badu. La porte de la musique s'ouvre en grand six ans plus tard quand il compose les inoubliables mesures au piano de Still D.R.E, un tube international vendu à 4 millions d'exemplaires, qui assure le succès du label de Dr.Dre

C'est une corvée de restreindre mon esprit pour faire cette simple merde, souffle Scott Storch entre ses lèvres ourlées par le dédain. Les gens veulent quelque chose qu'ils comprennent, quelque chose qu'ils peuvent décomposer dans leur tête et comprendre les rythmes. Il y a plus d'argent à faire avec ces petites chansons.

Rolling Stone, le 13.07.2006

Dès lors, les doigts de Scott valent de l'or quand ils se posent sur un clavier. En plus de ses droits d'auteur, il touche 100 000 dollars pour chacun de ses beats, composés en 15 minutes. Car, contrairement aux autres producteurs de rap, Scott crée lui-même ses samples, au lieu de les piquer à des morceaux de disco ou de soul. C'est plus créatif, et bien plus lucratif. En 2011, à 26 ans, il gagne son premier million et crée sa boîte : Tuff Jew Productions.

Scott Stroch travaille sept jours sur sept, treize heures par jour, et allume un joint toutes les trente minutes. Il quitte rarement ses lunettes de soleil, même dans la pénombre du studio d'enregistrement.

Derek Jackson

Cinq années durant, ses mélodies aux cordes orientales et synthés pop envahissent tous les albums de rap et de RnB qui sortent aux États-Unis. En août 2006, épuisé et richissime, Scott finit par mettre le nez dehors et fait ce qu'il n'avait jamais envisagé : prendre un mois de vacances. «Et puis tout a changé, témoigne son ami et manager Derek Jackson. Nous avons gagné beaucoup d'argent, vraiment beaucoup d'argent cette année-là. Et Scott, en toute franchise, était fauché en janvier», s'étonne-t'il. (M.T.V le 6.11.2009).

À Miami, la rumeur circule qu'en six mois, il a dilapidé 30 millions de dollars en cocaïne, pour lui et ses amis junkies. «Régulièrement, je prenais une de mes quinze voitures à un demi-million de dollars pour aller au centre commercial et dépenser autant d'argent», admet Strorch. Et quand sa mère lui conseille d'investir quelques-uns de des biftons dans un burger king, il lui répond : «Maman, c'est mon image. C'est ce qui me distingue des autres producteurs. C'est ce qu'ils attendent de moi». [New Times, le 22 avril 2010]. 

Problème : Il ne parvient plus à s'échapper des fêtes où il se déleste de centaines de milliers de dollars, quitte à faire attendre Janet Jackson pendant quatre heures au studio parce qu'il est trop occupé à s'en mettre plein les narines. 

Ses chemises sont souillées, «Il saignait tout le temps du nez» raconte Dereck Jackson, qui finit par le lâcher. Évidemment, de moins en moins d'artistes veulent travailler avec lui. Comme Christina Aguilera. Après avoir produit sept chansons sur son album Stripped (12 millions d'exemplaires vendus) et avoir failli lui rapporter un Grammy pour son duo affolant avec Lil'Kim Can'tHold Us Down, Storch exige qu'elle mettre à sa disposition un jet privé pour qu'il puisse travailler sur son album suivant, Back to Basics. La pulpeuse starlette du Mickey Mouse Club oublie alors son numéro. Le producteur s'indigne : «Je devais apporter du matériel, des vêtements, mes gens. Tu veux que je déménage ma vie de Miami à Los Angeles pendant six mois, et tu ne peux pas me donner un avion pour le faire ? » [Rolling Stone, le 13.07.2006]. 

La blonde platine répond par la chanson F.U.S.S (acronyme pour «Fuck You Scott Storch»). «Hope it all was worth it/ Looks like I didn't need you / Still got the album out» - «J'espère que ça valait le coup/ Il semblerait que je n'avais pas besoin de toi/ J'ai quand même sorti mon album» - Chante Christina dans cette ballade sirupeuse de 2:30 min. 

Dans sa folie égomaniaque, Scott Stroch ne se remet pas un seul instant en question. Il continue à se déplacer en jet privé et paye 250 000 dollars l'aller simple pour la Côte d'Azur, une de ses destinations week-end favorites, malgré les procès et les saisies qui commencent à s'accumuler. 

Il ne paie plus ses impôts ni les pensions alimentaires de ses deux enfants, mais jette à la poubelle 500 000 dollars de chèques à encaisser, en les prenant pour des vieux papiers (son intendant les récupérera) [Billboard, le 19.09.2014]. «Scott s'en foutait. On ne peut pas se sentir humilié quand on est défoncé, poursuit Jackson. On ne sent rien, on ne voit rien, à part la drogue».

En 2009, ses billets verts ont tous disparu. Il est obligé de se déclarer en faillite et de vendre son yacht de 36 mètres de long sur e-Bay pour 600 000 dollars - une misère comparé à sa fortune initiale. Adieu la maison de 2 700 m² et les bolides. 

«J'étais dans l'excès. J'avais toujours quinze ou vingt voitures, ce genre de choses, et c'était pas malin. J'avais vu mon père faire faillite, avoir des problèmes avec le fisc car il vivait au-dessus de ses moyens. J'ai fait la même chose et je ne m'en suis même pas rendu compte, déplore-t-il. C'était des investissements d'ego. Je n'avais pas besoin de plus de trois ou quatre voitures !» [MTV, le 6.11.2009]

Storch entre en cure de désintoxication peu de temps après. Un répit de courte durée. 

Trois ans plus tard, il est arrêté à Las Vegas pour possession de cocaïne. En 2015, il est à nouveau en faillite. 

Dans sa déclaration, la totalité de ses actifs est évaluée à 3 600 dollars : 100 dollars en cash, 500 dollars en vêtements et 3 000 dollars pour sa montre. Sa compagnie est évaluée à.....Zéro dollar. Mais au cours de l'été 2017, Scott Storch a enfilé son peignoir Versace et il est remonté sur le ring de la production. Il a du réévaluer sa vie et changer sa situation, en dehors de sa consommation monumentale de marijuana. 

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