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DESTINS DE STARS : Michael Jackson derrière le masque - Célébrités - Lieux célèbres - Personnages historiques. Actualité.

Des larmes pour les peines : Tears for Fears

«Nothing lasts forever, everybody wants to rule the world» chante le duo iconique (Splendide tube de 1985).  «Rien ne dure pour toujours, tout le monde veut diriger le monde.»

Roland Orzabal et Curt Smith

Tears for Fears est un groupe britannique associé à la New Wave, formé par Roland Orzabal et Curt Smith à Bath en 1981. Leur période faste s'étend sur dix ans, de 1983 à 1993. Après cette décennie de succès, la formation subit une baisse d'audience. Durant sa carrière, le groupe a connu plusieurs hits mondiaux, dont les plus emblématiques restent sans doute «Shout, Everybody to Rule the World et Sowing the Seeds of Love». Leur premier succès «Mad World» est également devenu un standard. Cette chanson a d'abord été reprise par Nicola Sirkis du groupe Indochine, avant de connaître une nouvelle vie avec Gary Jules  qui en a fait un grand succès international en 2003/2004. 

Plusieurs critiques ont loué Tears for Fears comme des musiciens pop accomplis et novateurs. Rockwell a affirmé que «Songs From The Big Chair», produit principalement avec des synthétiseurs, «combine plusieurs brins d'art-rock anglais introspectifs en une expression à la texture exquise, qui hante souvent l'angoisse junénile».  Quatre ans plus tard, Ira Robbins dans Rolling Stone qualifiait l'album «Sowing The Seeds of Love» de  très ambitieux.  Il comprend des incursions de Jazz Pop, de blues et de saoul et est une des plus délicieuse parodie des Beatles.

 

 

Orzabal et Smith sont tous deux originaires du sud-ouest de l'Angleterre,  ils ont commencé à jouer de la musique ensemble alors qu'ils étaient deux ados de 13 ans. Leurs deux foyers déséquilibrés et le même sens de l'humour les réunirent.

Raoul Orzabal naquit à Lee Park, au royaume uni, le 22 août 1961. Deux semaines après sa naissance, ses parents lui donnèrent finalement le prénom de  Roland, qui sonnait  plus anglican.  Il grandit à Keynsham près de Bath.

Curt Smith  né le 23 juin 1961, grandit à Bath en Angleterre. Pendant plusieurs années,  lui et Roland,  fréquentèrent la même bande de gamins. 

Le père de Roland, Georges, est né en France. Son grand-père, Arthuro, un argentin qui parlait sept langues, fut impliqué dans le renversement du dictateur Juan Peron. Une place en Argentine porte le nom de son arrière grand-père:   «Jose de la Quintana»

Georges était un  père abusif  et  Roland dira que son  enfance peu orthodoxe marqua de manière significative la musique et les textes de Tears For Fears. 

Sa mère quitta son père quand il eut 9 ans. Réveillé au milieu de la nuit, avec ses frères ils prirent la fuite en catastrophe. La relation de Roland avec son père  explosa en 1985 alors que Georges tentait de reprendre contact avec lui après le succès de Tears For Fears. Roland lui envoya une lettre houleuse qui fut publiée par la presse et causa un scandale au royaume uni.

 

 

Leur premier enregistrement, «The Sounds of Silence», a été réalisé dans un centre musical de Bath, alors qu'ils avaient 15 ans. Trois ans plus tard, le duo donnait des concerts dans des clubs locaux où ils expérimentaient diverses formes de rock'n'roll et de musique folk. Peu de temps après, Orzabal et Smith formèrent leur premier groupe, «Graduate», avec trois autres musiciens, dans ce que David Fricke avait baptisé dans Rolling Stone,  le «Beatlesque power pop». Cependant, Orzabal et Smith se séparèrent du groupe au début des années 1980 pour se concentrer sur leur propre son et explorer leur intérêt pour les théories du psychothérapeute Arthur Janov et son concept du cri primordial. Les théories de Janov soutiennent que les troubles émotionnels découlent de la reconnaissance précoce et douloureuse de l'abandon des parents et que la confrontation directe, telle que la rage - le «cri primal» - est essentielle à la santé mentale des adultes. 

Selon Arthur Janov, docteur en psychologie : «La souffrance est la base de la liberté et de la passion»

Nous portons en nous notre histoire mais nous n'y sommes plus reliés car elle contient trop de souffrance.

C'est à l'occasion de la sortie du livre le Cri Primal en 1970, que le grand public va découvrir son auteur Arthur Janov. Rapidement, ce livre devient un best-seller à l'échelle mondiale. La même année, Arthur Janov et sa femme Vivian Francès vont fonder avec une vingtaine de personnes l'institut Primal à Los Angeles. La notoriété de Janov s'envole auprès des médias au point de faire la Une de Vogue, et séduire des célébrités comme John Lennon et Yoko Ono.

À l'instar de John Lennon dans son album Plastic Ono Band, Orzabal et Smith ont trouvé l'inspiration musicale dans les théories de Janov, qui leur ont également fourni la base de leur nom : Tears For Fears.

Rejoints par la claviériste Ian StanleyTears For Fears a commencé à écrire des chansons et à les expérimenter avec des synthétiseurs. Une démo de leur chanson «Pale Shelter» a valu au groupe un contrat d'enregistrement. Avec le batteur Manny Elias, le groupe a commencé à travailler dans des studios d'enregistrements à Londres et en 1983, leur premier album, The Hurting, est sorti. Malgré des critiques mitigées, «The Hurting» (La blessure)  a connu des ventes respectables, fut populaire dans les clubs de danse,  et a engendré trois singles classés parmi les cinq premiers en Angleterre. 

Un certain nombre de critiques se sont plaints du fait que l'album, avec des titres tels que «Mad World», «Suffer the Children» et «Pale Shelter» étaient trop déprimants ou, comme le disait Orzabal à Dave DiMartino dans Creem, «trop stoïque, trop méditatif...Bien que d'autres, aient qualifié la musique de The Hurting comme «un compromis astucieux entre une musique électronique pure, une instrumentation pop classique, mélangeant un subtil synthétiseur avec des effets de guitare hypnotiques et des figures de piano sensibles».

Un autre single de Tears for Fears, «The way You Are», échoua et, en 1984, le producteur Chris Hughes leur suggéra de quitter les studios d'enregistrement et d'aller travailler chez Stanley.

La suggestion s'est avérée utile, car au cours de l'année, Tears For Fears a écrit les chansons qui constitueraient l'immense succès de l'album, «Songs From the Big Chair». Réalisant un son plus commercial, l'album renforcé par les tubes  «everybody wants to rule the world» et «Shout», est devenu l'une des plus grosses ventes de 1985 aux États-Unis et en Angleterre.

Soudainement, Orzabal et Smith se sont retrouvés parmi les stars de la musique de renommée internationale. Le critique Freff dans Musician a commenté  «Songs From the Big Chair», le désignant : d'avancée significative par rapport à The Hurting : «Plus grand et plus fort à tous égards, et beaucoup plus joyeux, malgré  l'intensité continue de son contenu lyrique». 

Rockwell, parlant de «l'expression hantée d'angoisse juvénile» du groupe, décrit «Shout» comme un «hymne d'exhortation déplorant le conformisme aveugle», et «Everybody wants to rule the world» : «un remue méninges bleu aérien», qui parle indirectement du pouvoir personnel, de la responsabilité et du péril nucléaire. 

Oleta Adams

Quatre années s'écoulèrent avant que Tears for Fears ne publie un autre album et, à en juger par la critique, le résultat en valait la peine. S'appuyant sur l'indépendance financière tirée des succès du précédent album, Orzabal et Smith ont entrepris d'explorer une nouvelle direction créative, souhaitant, pour reprendre les termes de Robbins, «Élargir leur gamme stylistique et émotionnelle». Ils ont fait appel à davantage de musiciens, dont l'auteur-compositeur Nicky Holland, ancien directeur musical de Fun Boy Three, et Oleta Adams, une chanteuse de rythmes and blues découverte par Orzabal et Smith en 1985 dans un club de nuit de Kansas City. 

Publié en 1989, «The Seeds Of Love» (semons les graines de l'amour) où l'on retrouve aussi Phil Collins et Manu katché en tant que batteurs, et pour la dernière fois sur un album du groupe, Ian Stanley.  Selon Stephen Holden du New, York Times «l'album possède un son beaucoup plus chaud, plus spacieux et plus acoustique que son prédécesseur, dont les textures froides étaient produites électroniquement» Le single très «Beatlesque» , «Sowing the Seeds of love», squatte le haut des classements mondiaux durant plusieurs semaines. réitérant ainsi le succès de Shout

Des morceaux sur l'album, tels que «Standing at the corner of the third world» et «Woman in Chains» témoignent de la préoccupation du groupe pour des questions politiques telles que la pauvreté, le féminisme - «Woman in Chains» intemporelle,  reste une merveille, une poésie ....

Les critiques ont loué la nouvelle direction de Tears for Fears (TFF) , qualifiant cet album de chaleureusement humain. 

Orzabal a expliqué : «Lorsque nous avons débuté, la technologie était très anti-rock. Elle est désormais la force dominante de la musique pop. En même temps, l'élément irréel de l'enregistrement et de la vidéo augmente. Nous voulions maintenir notre position, en dehors du courant dominant. Et pour revenir à un son plus organique, nous avons dû nous éloigner de nos racines. Notre prochain album devrait être un peu plus tourné vers l'avenir.... Nous avons beaucoup emprunté aux années 60 et 70 : Les Beatles, Little Feat, Steely Dan. J'aime aller plus loin, et introduite des éléments plus novateurs».

En 1991, cependant, Smith, qui avait divorcé pendant le spectacle Sowing The Seeds of Love, quitta le groupe, pour déménager à Los Angeles où Il s'est finalement remarié avec la directrice du marketing Laura Frances Pennington. Ils ont deux filles, Diva et Wilder, nées en 1999 et 2001.

Orzabal continue d'enregistrer sous le nom de TFF, publiant Elemental avec Epic en 1993 et Raoul and the Kings of Spain en 1995, qui rencontre peu de succès en Angleterre et aux USA,   mais devient n°5 en France. 

Smith de son côté publie un album solo,  sous le nom de Mayfield,  sur le label Zero Disc en 1998, qui a été réédité en 2011.

Au cours des années 90, ils ont passé des années sans se parler, mais ils ont finalement dû le faire concernant certaines affaires du groupe, puis ils sont redevenus amis et ont décidé de travailler à nouveau ensemble. 

En 2003, Orzabal et Smith se sont réunis et ont signé avec Arista Records, publiant «Everybody Loves a Happy End».  En 2004, O'Hare écrivait dans le Houston Chronique que cet album était «un savant mélange de pop provocante et Beatelesque, empli de sons richement mélodiques».  Des chansons, des arrangements astucieux, des rythmes tonitruants et des jeux de mots réfléchis. Smith lui a répondu :  «Je pense que c'est le meilleur album que nous ayons jamais fait. Pour moi, il est incroyablement mature. Jamais nous ne nous sommes sentis douteux pendant tout le processus, et je pense qu'il y a toujours un marché pour la bonne musique. J'ai beaucoup de satisfaction personnelle, je suis si content, alors tout va bien».

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Leur concert prévu à Paris en 2018 a été reporté en 2019 en raison du décès de l'épouse de Roland Orzabal en 2017. Une source proche du groupe a déclaré au journal the Sun : «Roland est complètement dévasté par la mort de Caroline.  Ils étaient mariés depuis 1982. Non seulement elle était la mère de ses deux enfants,  Raoul et Pascal, mais elle était aussi son âme soeur,  elle lui avait inspiré beaucoup de sa musique». 

Roland Orzabal et Curt Smith en 2019

Le 20 février 2019 - Quelques jours avant leur concert «complet» à l'Accor Hôtels Arena de Paris (Ex-Bercy), les très rares Roland Orzabal et Curt Smith ont parlé au journal français - Le Parisien - par téléphone et séparément - de leurs débuts, leur hauts, leurs bas et leur retour en grâce. 

Le Parisien : C'est votre première tournée européenne depuis 25 ans. Comment se passe-t-elle ? 

Roland Orzabal : C'est certainement la plus importante de toutes. Nous n'avons jamais cessé de tourner au États-Unis, car le groupe y vit. Mais, après tout ce temps, nous ne savions pas comment nous serions reçus chez nous, chez vous. Remplir Bercy, c'était inespéré. Et c'est extrêmement touchant d'être toujours accepté par notre public.

Curt Smith : De notre côté, c'est bien plus relax, nous jouons mieux, nous pensons mieux, nous sommes plus à l'aise sur tout. J'adore écrire, composer et enregistrer, mais depuis que j'ai une famille, deux enfants, c'est plus important que tout. Du coup, il y a moins de pression sur la musique et tout est plus agréable.

Le Parisien : En 2016, vous évoquiez un nouvel album, où en est-il ? 

Roland Orzabal : Nous travaillons dessus depuis 2014 ! Il était fini quand notre maison de disques a pris deux chansons, «I Love You But I'm Lost» et «Stay», pour alimenter un best-of. Depuis, nous essayons d'écrire de nouvelles chansons assez bonnes pour y figurer, mais nous sommes très difficiles.

Curt Smith : Le processus de création d'un album est systématiquement douloureux chez nous. Nous avons toujours considéré chaque album comme un projet global, pas juste une collection de chansons. Et dans cette optique, il nous manque encore quelque chose. Je dirais qu'il est fini à 80 %. Et j'espère qu'il arrivera bientôt. 

Ci-dessous en 2014, ils chantent leur succès le plus connu, Shout ! La grande preuve d'existence,  « Shout ! Shout ! Let it all out ! These are the things I can do without / Come on, I'm talking to you, come on ...» pas question de s'en passer, il est probable que comme dans les années 80 la chanson ne vous sorte plus de la tête.....

Le duo mythique, continue de tourner triomphalement depuis janvier 2019.

Leur musique c'est de la construction pop-rock franchement extraordinaire. Un niveau de sophistication rarement atteint, une complexité d'arrangements qui force toujours l'admiration, et des chansons qui cadrent bien avec le climat actuel. Le message de  «Everybody Wants To Rule The World» (tout le monde veut diriger le monde)  est toujours valable. Mais c'est avec  «The Seeds Of Love» (Semons les graines de l'amour) qu'Orzabal insiste,   désireux de proclamer  le message d'espoir de 1989 dans la réalité de 2019. 

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