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La décadence de Pete Doherty !

Pete Doherty est célèbre pour ses retards, ses over-doses, ses cures de désintoxication, ses séjours en prison, ses histoires d'amour destructrices avec des mannequins androgynes...Pourtant peu de gens connaissent cet autre vice que le rockeur a longtemps dissimulé derrière un épais nuage de crack : La Kleptomanie. 

Pete Doherty et Carl Barât
Pete Doherty et Carl Barât

Alan McGee, manager des Libertines (groupe de Pete Doherty et de Carl Barât) entre 2003 et 2004, a été le premier à s'en apercevoir....

Chez moi, Pete se promenait dans le salon et mettait mes livres rares dans son sac tandis que Carl le suivait lentement, les reprenait de son sac et les replaçait sur les étagères.

«C'est du fétichisme de souvenirs», raconte le témoin....Plutôt une maladie, selon McGee ! (Alan McGee, Création stories). Un jour, nous étions ensemble dans un taxi. Tout à coup, il a fait arrêter la voiture, il a dit «Attendez-moi un instant», il est entré chez un pépiniériste, a pris un énorme cactus, l'a emporté sans payer, l'a déposé entre nous et a demandé au chauffeur de redémarrer. J'était sonné, je ne savais pas quoi dire, se souvient-il. Ce n'était même pas une jolie plante : c'était un cactus !, s'étonne encore McGee le 4/11/2016. 

En septembre 2003, c'est bien pire. Pete est carrément condamné pour avoir cambriolé l'appartement de Carl Barât à Londres. À 24 ans, il venait de se faire virer des Libertines qui ne pouvaient plus supporter la consommation excessive de crack et d'héroïne de leur chanteur. 

Le 25 juillet, alors que le groupe est en tournée au Japon - sans lui -, il force la porte du guitariste et emporte un ordinateur portable, une guitare de collection, un lecteur CD, un magnétoscope, un harmonica et des livres. «C'est moi qui lui ai annoncé qu'il irait en prison», se souvient Alan McGee. «Il était chez sa soeur, au sud de Londres, il n'arrivait pas à me croire». Pourtant il a bien écopé de six mois de prison. Il en purgera deux, son avocat ayant convaincu les juges de l'envoyer en cure de désintoxication. «Carl l'attendait à la sortie. Ils sont tombés dans les bras l'un de l'autre et se sont réconciliés».

«Pete est totalement Klepto quand il est sous héroïne», constate Alan McGee. Le problème, c'est qu'il est rarement clean. Alan devait même le faire surveiller en permanence pour savoir où il était. Ainsi, à la veille de leur départ en tournée en mars 2004, il extirpe Pete d'une fumerie de crack, en le roulant dans un tapis. Vêtu d'une chaussette et sans pantalon, le jeune homme ne pouvait plus marcher. Toute la tournée se déroulera comme ça. Chaque soir, Alan se demande si Pete pourra jouer. À la fin, Pete est tellement maigre et drogué...C'est une question de vie ou de mort, il faut le désintoxiquer. «Je l'ai récupéré dans un lit avec une fille, dans une autre fumerie de crack. Il a brûlé tout un tas d'héroïne, l'a aspiré, et l'a recraché, droit sur mon visage. Pendant 15 minutes, j'ai été incapable de bouger. Et puis, je suis redescendu sur terre, et on l'a emmené direct au Priory, un centre de désintoxication» (Alan McGee, The Mirror, le 13 janvier 2014). Là, Pete tient une semaine avant qu'Alan ne le trouve à nouveau dans un hôtel en train de fumer du crack. De retour au Priory, il s'échappe encore huit jours plus tard....C'est sans fin. 

En 2004, Carl et Pete s'installent à l'hôtel Albion, rue Notre-Dame-de-Lorette, à Paris, pour écrire des chansons (tous deux sont fascinés par la mythologie de l'Albion, ancienne dénomination de l'Angleterre). Alan s'en souvient : «Carl est venu me voir, et il avait l'air très anxieux. Lui-même était sur le point de tomber sérieusement dans la drogue et il avait peur de basculer de l'autre côté à force de traîner avec Pete à Paris. Je lui ai donc proposé d'être leur chaperon». Pete ne semble pas spécialement ravi de son nouveau sigisbée d'un soir....La nuit se conclura tout de même dans une fête mémorable, chez des copines de Pete, une bande de top models. «Il y avait un plateau qui circulait avec absolument toutes les drogues possibles» se souvient McGee. Le lendemain, ambiance silencieuse dans l'Eurostar qui les ramène à Londres....«Quand on est entrés dans le tunnel, j'ai senti une drôle d'odeur. Je me suis retourné et j'ai vu Pete, avec sa pipe à crack allumée. Je me suis dit que c'était  vraiment pas gagné !»....

Pete finit par s'installer à Paris. Il loue un appartement à Pigalle, au-dessus du tabac qui fait l'angle du Mansart, en colocation avec deux danseuses : Octavie et Céline. Il vend ses chaussures, ses guitares, et tout ce que ses fans sont prêts à lui acheter, pour pouvoir payer ses doses d'héroïnes. Son intérieur est très sale. Quand il n'est pas au bar le Bergerac ( où il finira par donner un concert pour payer sa note), il dessine sur les murs avec son sang. Mark Beaumont, journaliste musical à NME, a accompagné les Libertines en tournée à cette époque : «Je voyais Pete et Carl prendre beaucoup de drogues, mais je ne pouvais rien dire : Le groupe n'était pas censé savoir que Pete se droguait, sinon ils auraient tout arrêté. Un jour, à Birmingham, Pete a disparu soudainement pour «faire sa lessive», mais il était clair qu'il partait s'approvisionner en came».

En 2005, Doherty finance sa drogue en organisant des «concerts guérilla» dans des appartements. Son ami Jake Fior explique ce concept : «Poster l'adresse et l'heure du rendez-vous sur un forum, jouer les chansons, prendre l'argent et les drogues. Ça lui permettait d'effacer les frontières et de se passer des promoteurs». (The Gardian, le 12 juin 2011). 

Même si ce n'était pas le but, cette proximité a contribué à souder sa communauté de fans. Mais cela rend Carl hystérique. Pour rendre impossibles ces «concerts guérilla» chez lui, Alan installe Pete dans un appartement minuscule. 

Il n'y avait la place que pour un lit, et presque rien d'autre. Et pourtant il arrivait à y faire rentrer jusqu'à 50 personnes. En faisant deux concerts par soir, il gagnait 1 000 livres sterling, et dépensait tout en crack. se désespère Alan McGee.

Cet endroit était infect, avec «de la poésie écrite avec du sang sur les murs et des seringues sales traînant par terre». Se souvient Jake Fior. (The Gardian, le 12/6/2011) «Un des plus grands challenges de ma vie a été de manager les Libertines, admet Alan McGee, qui en a pourtant vu d'autres. «Il a tout pour lui. Les chansons, les paroles, l'attitude. Il est tellement pointu, rapide. Il pourrait être monumental. Mais c'est l'homme le plus nihiliste que j'aie jamais rencontré». 

Si Pete s'en sort toujours miraculeusement vivant, on trouve plusieurs cadavres dans son sillage. En décembre 2006, Mark Blanco, 30 ans, étudiant en philosophie à Cambridge, fait la fête avec Doherty avant d'être retrouvé, agonisant sur le trottoir. Selon les enquêteurs, il aurait été porté puis jeté du balcon du premier étage après s'être disputé avec le chanteur. Quand Pete Doherty et ses amis quittent la scène et passent à côté de lui, douze minutes plus tard, ils l'observent, puis partent en courant. Mark Blanco est mort le lendemain à l'hôpital. Selon l'AFP, le jeudi 12 mai 2011, la justice britannique a estimé qu'il n'existait pas de «preuves suffisantes» pour justifier les poursuites lancées à l'époque à l'encontre du chanteur de 32 ans, interrogé par la police mais qui n'a jamais été arrêté.  L'entourage du défunt affirme que ce dernier a été tué, et se révolte contre les conclusions du parquet qui a décidé de blanchir l'ex-boyfriend de Kate Moss, se basant sur le fait qu'aucun indice ne pouvait prouver «que Mr Blanco ait été poussé ou jeté du balcon ou que quiconque ait été présent au moment de sa chute». «Cette affaire a été étouffée par la police, je n'attendais rien de mieux» a déclaré la mère de Mark Blanco. 

Trois ans plus tard, en janvier 2010, Robin Whitehead, fille aînée de l'héritière Dido Galdsmith et du cinéaste Peter Whitehead, meurt d'une overdose dans un appartement de l'est de Londres, alors qu'elle filmait Doherty et son ami musicien Peter Wolfe pour un documentaire. Elle a 27 ans. L'appartement, qui se situe à Hackney, appartient à Peter Randall, un rockeur plus ou moins raté, qui partage avec Doherty sa passion pour le crack et l'héroïne. «Il ne cessaient d'encourager les autres à prendre des drogues dures, comme si c'était de l'herbe. L'un d'entre eux m'a même mis une pipe à crack dans la bouche pendant mon sommeil», témoigne son ami Jake Fior, qui déposa Robin à l'appartement ce week-end là. «Je pense que les choses auraient été différentes s'ils avaient sur qu'elle était de la famille Goldsmith, poursuit Jake. Pete a beau être connu, il peut être impressionné par ce genre de choses. C'est une brute en fait, et comme la plupart des brutes, il choisit assez lâchement les personnes qu'il maltraite.» ( The Guardian, le 12/06/2011) - Pete Doherty a été entendu dans le cadre de l'enquête sur la mort de la cinéaste Robyn Whitehead et pour possession de cocaïne.  Il était également soupçonné, ainsi que deux complices présumés, d'avoir cambriolé un magasin de musique en Allemagne....Il risquait de trois mois à dix ans de prison. 

Mark E.Smith (chanteur des Falls et Junkie notoire) l'analyse ainsi dans son autobiographie : «Chez Pete Doherty et pas mal de jeunes gars d'aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on joue à la rock star sans rien offrir de consistant derrière. Un succès vide, en somme. Tant qu'il s'agit de se planter une seringue dans le bras ou de roucouler avec des top models, ça va encore, mais foutez-les dans un studio pour leur demander d'enregistrer un album et hop, ça part en désintox direct. Ils se défilent trop vite». (Mark E.Smith, Renégat, Serpent à plumes, 2016). 

D'après Noel Gallagher, c'est Kate Moss qui est derrière tout ça. «La célébrité a tué Pete Doherty. C'était un type charmant et puis tout à coup, il est devenu Mr. Kate Moss et aujourd'hui c'est une épave» Constate le guitariste d'Oasis, le 13 septembre 2017. 

En 2010, Doherty est élu pire voisin d'Angleterre par le site d'annonces immobilières, Zoopla. Jean-Pierre Marois, directeur des bains, ne peut qu'approuver. Il se souvient de la venue de la rock star à l'hôtel Gabriel, dans le 11eme arrondissement de Paris, dont il était à l'époque le propriétaire : «C'était un hôtel détox. On avait des petits déjeuners 100 % bio, des accompagnateurs de sommeil pour simuler l'aube, des snacks Healthy et des tisanes dans le minibar. En 2011, Pete Doherty a réservé une chambre. Au moment du check-in, à 23 heures, il était tellement déchiré qu'il a vomi sur le réceptionniste. On l'a foutu dehors et on l'a blacklisté».

Ses addictions coûtent cher à Pete. Quand il ne reforme pas les Libertines pour des cachets à 1.2 millions de livres sterling, il emprunte des petites sommes partout où il peut. Cyril Bodin, directeur artistique du Bus Palladium, a été son manager entre janvier et mars 2013. Ça lui a coûté plus d'argent que ça ne lui en a apporté....«Il s'était brouillé avec ses managers et m'avait demandé de les remplacer, détaille-t-il. j'ai refusé, mais il a quand même annoncé sur son blog que j'étais son nouveau manager. Ça a été repris par la presse anglaise, et je me suis retrouvé à travailler pour lui malgré moi. Je l'ai fait bénévolement. Ça m'a même coûté de l'argent vu que je lui en prêtais quand il n'en avait plus, ce qui arrivait souvent....Sa principale dépense est probablement pour la drogue. Il me demandait régulièrement de lui prêter 100 balles. Je les lui donnais et puis après j'allais dans sa chambre et je voyais une enveloppe bourrée de billets de 50 euros... Il prenait les gens pour des billes. Le drogué a toujours un rapport étrange avec l'argent». (À l'auteur, le 26 juin 2017). La preuve ? Ce concert au Bus Palladium où Pete voulait non seulement récupérer l'intégralité de la billetterie, mais en plus être payé avant de jouer. «Je lui ai dit que ce n'était pas possible et en plein milieux du show, il s'est arrêté en disant qu'il ne jouerait pas tant qu'il n'aurait pas reçu son argent, poursuit Cyril Bodin. Je suis monté sur la scène en annonçant à ses fans que ce soir, il jouerait gratuitement pour eux. Il a bien été obligé de continuer... À la fin de la soirée, il a récupéré son pognon et notre contrat s'est arrêté là». 

En décembre 2016 dans une interview à Q Magazine, Peter Doherty a annoncé que son pote Carl Barât et lui avaient l'idée de créer un «Hôtel Libertines». On imagine tous un futur lieu de débauche, plutôt qu'un endroit douillet avec Pete en maître de maison, t'apportant le petit-déj', au lit. Et pourtant, c'est tout sauf une blague ! «Il est en train d'économiser» explique, pour le magazine, Doherty à propos de Barât. «C'est lui qui réunit toutes nos avances d'argent. Parce qu'il sait que je sème toujours les miennes. Il a cette maison, sur le front de mer, je ne vous dirai pas où». Avant de continuer sur le plus important «On va ouvrir un Hôtel Libertines. Avec un studio, un club, etc. Il est décidé à le faire». L'endroit le plus fucked-up de Grande-Bretagne est donc en projet. Une façon de rebondir pour ces deux artistes qui approchent à grands pas de la quarantaine. En plus Doherty a bien précisé que le lieu sera ouvert «A tous ceux qui payent les factures» ! 

C'est confirmé par le ► journal l'Echo le 12 novembre 2020 :  Ce groupe de rock...Autrefois le plus dissolu du Royaume-Uni. Performances chaotiques et brillantes, ados hystériques, souvent avec Amy Winehouse ou Kate Moss dans le rôle secondaire, fréquents affrontements avec la police ou admissions dans des cliniques de désintoxication : Tout cela a fait place à un immeuble victorien de cinq étages, avec des pièces aménagées par des décorateurs de haut vol comme Rhiannon Sussex, une artiste maison, des soirées littéraires et, bien sûr, bien caché quelque part, un studio d'enregistrement de pointe ! 

26 mars 2021....Finalement Peter Doherty vit en France ! Cheveux grisonnants et silhouette arrondie, il a récemment été photographié dans la commune d'Etretat, où il coulerait des jours heureux, en compagnie de sa compagne, la musicienne Katia de Vidas et leur chien.  Il y a encore 18 mois comme le rappelle The Mirror, il était arrêté en banlieue parisienne alors qu'il tentait d'acheter de la cocaïne dans la rue...

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