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Quand la peur de la réalité entraîne le déni.

Le déni d'innombrables personnes dont celui les Fans de Michael Jackson.

Le déni d'innombrables personnes dont celui les Fans de Michael Jackson.

Définition 

Le déni est la connaissance à priori d'une réalité, d'une situation, d'une perception perçue comme traumatisante que l'on refuse d'accepter et pour laquelle on posera des remparts psychologiques pour s'en protéger. 

Exemples de déni 

  • La mort est une occasion courante de déni. Lorsqu'une personne apprend la mort soudaine et inattendue d'un être cher, au début, elle peut ne pas être en mesure d'accepter la réalité de cette perte. Le déni initial protège cette personne du choc émotionnel et du chagrin intense qui accompagnent souvent la nouvelle de la mort. 
  • Le déni peut également s'appliquer aux pensées et aux sentiments internes. Par exemple, certains enfants apprennent que la colère est mauvaise dans n'importe quelle situation. En tant qu'adultes, si ces personnes éprouvent des sentiments de colère, elles sont susceptibles de nier leurs sentiments aux autres. Les normes et attentes culturelles peuvent encourager le déni de l'expérience subjective. Les hommes qui appartiennent à des cultures avec des notions extrêmes de masculinité peuvent considérer la peur comme un signe de faiblesse et nier les sentiments de peur. 
  • Le déni de grossesse est une situation très difficile à imaginer : porter un bébé pendant 9 mois et ne même pas s'en rendre compte !  L'enfant et la mère pâtissent tous deux d'un suivi médical adapté, sans parler du choc psychologique de l'annonce et des angoisses qui en découlent. 
  • Certains troubles de la personnalité ont tendance à être caractérisés par le déni plus que d'autres. Par exemple, les personnes atteintes d'un trouble de la personnalité narcissique nient les informations suggérant qu'elles ne sont pas parfaites. Le comportement antisocial se caractérise par le déni du tort causé à autrui. (Comme avec les délinquants sexuels ou les toxicomanes).
  • Le déni peut également se manifester à grande échelle - parmi des groupes, des cultures ou même des nations. Un exemple de déni à grande échelle est l'affirmation de certains selon laquelle l'Holocauste de la Seconde Guerre mondiale n'a jamais eu lieu, il s'agit alors de négationnisme - Un autre exemple est le déni du réchauffement climatique, dans la société civile, le mythe d'un grand mensonge scientifique persiste. Les résultats ne seraient pas si sûrs et, après tout, la science peut se tromper. Voilà comment l'on s'éloigne du doute étayé par des arguments pour entrer dans le déni soutenu par des croyances.  - Face au Covid19, on l'a tous vu avec l'annonce des premiers cas, que l'on soit citoyen lambda ou chef d'état d'un des plus grands pays du monde, ou même professionnel de santé...l'impossible, l'inconnu, est d'abord refusé en bloc. Un trentenaire est décédé après avoir participé à une "CovidParty" avec des personnes contaminées. il voulait vérifier si le virus existe réellement et s'il risquait de l'attraper ! Certains patients sous assistance respiratoire, dans un état grave à cause du Covid19 refusent encore d'accepter qu'ils étaient contaminés, niant l'existence de ce virus. Certains le comparent à une grippette passagère, tandis que d'autres pensent que cette maladie serait exploitée, conçue et entretenue au bénéfice de puissants et d'occultes intérêts politico-financiers. Vous avez peur ? Mais, de quoi parlez-vous ? Quel virus ? Quelle pandémie ? À contrario, certains pensent qu'ils sont des supers héros et que le virus ne peut pas les atteindre.  Et à présent on peut lire que le vaccin risque de nous rendre malades.. Bien sûr, le déni fonctionne mieux avec des célébrités. Entre 1000 scientifiques qui concluent les uns après les autres que la vaccination ne cause pas de maladie, et un acteur comme Jim Carrey qui dit le contraire, bien des gens choisissent sans hésiter ce que dit Jim Carrey. 
  • Enfants abusés sexuellement ou vendus pour de l'argent ou des prestations en nature, la plupart en arrivent  à ne plus avoir de souvenirs sur leur passé de victime. Le déni peut aller de l'oubli partiel ou total des faits jusqu'à un âge adulte avancé. Plusieurs d'entre eux sortent du déni quarante ou cinquante ans après les faits. L'enfant est privé de l'accès à sa propre réalité psychique, privé aussi de l'accès à la réalité des faits par son propre déni verrouillé par celui des adultes qui ne comprennent rien à ce que l'enfant ressent. L'enfant va donc mettre en doute ce qu'il ressent et développer en compensation une empathie pour l'adulte aux dépens de sa propre identité.
  • Etc...

Fanatisation et déni de réalité 

Alors évidemment, ça fait partie du jeu du show-biz de créer une mythologie, un story telling comme on dit outre-Atlantique. Mais il y a une différence concernant Michael Jackson ou Donald Trump : la mythologie a pris le pas sur la réalité. Bon ça c'est un classique de mythomanie. Plus troublant : leurs partisans les plus radicaux y croient. «On t'aime, on t'aime» crie toujours la foule sur les réseaux sociaux. Nous sommes à la limite du fanatisme façon secte à grande échelle, avec deux gourous dotés de pouvoirs ignorés du commun des mortels. Et qui proclamaient  je cite ► Jackson : «Les mensonges courent des sprints, mais la vérité court des marathons» - Plutôt me couper les veines que de faire du mal à un enfant - J'ai été une cible vulnérable pour ceux qui sont avides d'argent »  ► Donald Trump : «Je me sens si puissant, que je suis immunisé» - Mon compte Twitter est devenu tellement puissant que je peux forcer mes ennemis à dire la vérité -  Je serai le meilleur président du travail que Dieu ait jamais créé - Une partie de ma beauté, c'est que je suis riche -»

Fans de Michael Jackson dans le déni

Voici donc comment fonctionne le discours de cette réalité, plus de deux ans après Leaving Neverland et 12 ans après la mort de Jackson : 

  • Michael Jackson a toujours été innocent, je pense à mon ange tous les jours et je pleure souvent car il me manque beaucoup trop !
  • Je t'aime Michael, qu'est-ce que je peux t'aimer ! merci d'avoir été un si grand humanitaire et tu as toujours été innocent...Je pense à toi tous les jours depuis 2009 ; tu me manques terriblement ! et fuck à la troupe de Leaving Neverland et tous ses accusateurs ! Sneddon, Chandler, Arvizo et tout ce qui s'en suit. Tous ceux qui se sont attaqués à Michael ont tous été punis et Michael a gagné !
  • Je pense tellement à toi tous les jours, ça devient obsessionnel...c'est terrible pour moi...tu es une drogue dure pour moi ; je n'en peux plus ; je t'aime mon ange...tu étais si gentil, humble, généreux, bon et surtout tu as toujours compris, aidé et sauvé des tas de gens ! On te remercie infiniment pour tout ce que tu as fait pour le monde entier. 
  • C'est un cliché de le dire, mais Michael Jackson a changé ma vie. Beaucoup de radios boycottent sa musique mais pour quoi faire ? J'espère que le domaine et la famille de Michael auront une réponse appropriée.
  • Le plus triste, c'est que Leaving Neverland est une moquerie complète des véritables victimes d'abus sexuels et qu'ils utilisent et exploitent de véritables victimes d'abus et de véritables survivants pour vendre un récit au nom de l'argent. C'est absolument odieux.
  • Jackson était innocent, innocent, innocent, innocent ...

Le discours de la réalité des fans de Donald Trump : 

  • Trump est un super héros. Il est fort. Il n'y a pas de Covid
  • Trump est un super héros. Il est indestructible. Il n'y a pas de chômage
  • Trump est un super héros. Il n'y a pas de réchauffement climatique.
  • Trump est un super héros. Il combat les vilains. Il n'y a pas de racisme.
  • Trump est indestructible, c'est le champion créé par l'Amérique pour la sauver avec son bouclier. 
  • Trump est un super héros, un super héros, un super héros....

Quand on se voile la face comme cela, généralement on pense que le temps va jouer en notre faveur, et que tôt ou tard, même sans rien changer dans son comportement, tout se passera comme on l'imagine. (Je crois parce que c'est absurde) Le déni consiste à s'asseoir sur une position et à n'en plus bouger, en s'activant à détourner le sens des arguments présentés.

Il est parfois bien difficile de s'en rendre compte, comme un alcoolique qui boit pour oublier, au départ, et qui finit par oublier pourquoi il boit, mais continue de boire toujours plus...

Avec le déni, l'orgueil est préservé de même que le sentiment de contrôle, d'avoir raison. Les illusions sur soi persistent, la dure vérité est provisoirement écartée. Mais c'est une pente glissante. Plus le temps passe, plus la réalité est difficile à admettre.  La réalité ne s'accepte pas par petits bouts indépendants, mais entièrement.

Au bout d'un moment, la personne se sera tellement trompée, tellement longtemps et tellement souvent qu'il sera d'une dureté effroyable d'admettre ses torts. Il est facile d'admettre s'être trompé sur quelque chose après un déni court, mais après plusieurs années, ce n'est plus la même chose. Certaines personnes vivent dans le déni pendant une partie importante de leur existence.  Lorsqu'elles voient que le mur de la réalité se rapproche, il leur semble qu'il est trop tard pour faire marche arrière. Il y a une peur légitime : celle que la honte d'admettre leurs torts les consume entièrement. Certain(e)es vont jusqu'à perdre leur travail, leurs amis, leur famille, pour ne pas se confronter à l'objet de leur peurs. À ce moment là, il ne s'agit pas de courir après une illusion charmante. Il s'agit d'une véritable survie psychologique. 

La honte brûle parfois jusqu'à sembler tout détruire, la plupart du temps, cependant, elle sauve. Le déni, lui, n'apporte que malheur et misère. Les émotions négatives ont un rôle crucial à jouer : Elles nous renseignent sur ce qui ne va pas dans notre vie, nous invitent à réagir avant qu'il ne soit trop tard. Seul celui, celle, qui accepte la réalité peut espérer y gagner quelque chose. 

Celui qui, par contre, refuse la réalité, persiste dans le confort de ses illusions. Il sera totalement épuisé d'enjamber le fossé entre le monde imaginaire et le monde réel ; il se sentira progressivement coupé se sa famille et de ses amis, mis à part de ceux qui partagent ses illusions

La route du déni ne mène à rien d'autre qu'à l'épuisement psychologique, et au malheur. La plupart du temps, la honte renseigne, éduque et fait grandir. Il faut donc l'écouter avec bienveillance et ne jamais céder aux sirènes du déni.

Identifier les signes de son déni : 

  1. Ne pas vouloir ni voir, ni entendre pour faire semblant de ne pas comprendre ce qui se joue, et pour éviter de percevoir tout ce qui va dans le sens contraire de ce que vous tenez à nier. Bref,  occulter tout ce qui va à l'encontre de ce que vous voulez croire.
  2. Être poursuivi par un remous intérieur constant et inexplicable : Vous avez des boucles mentales récurrentes, pesantes, usantes, envahissantes. 
  3. Déployer toutes sortes de stratégies possibles pour ne pas être confrontés à la réalité, en vous mentant à vous-même et aux autres,  juste pour valider votre vérité
  4. Répéter sans cesse à qui veut bien l'entendre l'histoire que vous souhaitez vous raconter pour vous convaincre de sa véracité. Lorsque les autres adhèrent à votre histoire cela la rend encore plus vraie. Et lorsque les autres comprennent que vous affabulez, si elles font semblant de croire à l'histoire que vous voulez vous raconter, cela renforce votre vision des choses.
  5. demander aux personnes qui vous contrarient de s'en tenir au silence, ou ne plus souhaiter les rencontrer.  Si elles s'y tiennent, votre système fonctionne alors parfaitement, et votre inconscient vous aide à valider tout ça ! Hé oui, l'inconscient est un filtre qui ne laisse montrer à votre conscient que ce qui correspond à ce que vous voulez percevoir. Il est à la fois votre pire ami, et votre meilleur ennemi. Il conforte toujours l'histoire que vous souhaitez vous raconter, dans votre vérité illusoire.

Pendant ce temps de déni, la personne a employé son énergie à suivre le cours de sa vie sans prendre en compte la réalité de la situation. Elle n'a pas pu agir pour se «réparer» ou s'adapter à une situation bien réelle. Peu importe le temps passé, la boite bien hermétique n'a endommagé aucune information. 

Alors pouvons-nous parler d'un mécanisme qui nous aide ou au contraire d'un mécanisme qui nous plonge dans un monde irréel, puis nous laisse seul face aux conséquence ? Oui, sur le moment, le déni va réduire les tensions et les angoisses de situations difficiles mais il faut également savoir que le déni, même s'il est inconscient, n'est pas sans risque car il peut à l'extrême avoir l'effet inverse et créer des névroses, des états d'anxiété, phobies, obsessions, des maladies, voir même mettre directement en danger ...

La solution ? Une prise de conscience pour avancer....

Mais comment trouver le courage de sauter le pas quand le déni s'est installé à demeure ? Vaste question, car la personne en plein déni n'a pas conscience de son état...Hors pour s'en sortir, il faut tout d'abord qu'elle s'en rende compte ! 

Il a y un préalable obligatoire :  Ne plus résister à la souffrance, sinon elle risque de s'imposer avec force. Se confronter à la réalité est une étape obligée.  Il existe toujours des portes de sortie, le tout est simplement de les trouver.

Lorsqu'enfin le déclic se produit :  

À un moment donné, vous vous sentez prêts(es) à accepter. Ou, peut-être qu'un hasard de la vie vous a éclairé. Ou encore, un de vos proches a eu le courage de vous faire sortir de votre déni. Pensez, lorsque vous en serez capable, à remercier ce généreux téméraire pour le cadeau qu'il vous a fait, cela demande vraiment du courage. C'est un véritable acte de bienveillance. Prenez en considération que la facilité aurait été pour lui ou elle, de se taire. Mais il ou elle sait que c'est cette prise de conscience qui va vous permettre de traiter la douleur, de l'analyser, de la soigner par de l'acceptation, et de vous défaire de chaînes mentales invisibles. 

Le changement demandé est d'une telle violence qu'il est impossible de passer outre certains sentiments très forts, dont la colère fait partie, contre soi-même.  Vous allez vous sentir mal, c'est une certitude. Un contrecoup du déni dans lequel vous étiez depuis des années. 

Ces passages sont difficiles parce qu'ils consistent à changer une conduite qui a été très opérante à un moment donné. C'est pourquoi la phase de déni peut être parfois si longue....Mais un jour, la personne redresse la tête,  et doucement, la place se fait pour repartir sur les bons rails. Un fois revenus dans ce cercle vertueux, qui engage toujours plus de stimulation et d'ambition, y compris face à vous-même, vous êtes dans un engrenage positif. Et d'un coup, vous le réalisez :  Vous vous sentez tellement mieux ! 

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